Dure, dure ma vie !
Auteur.trice: Skip Moën
Que ce soit à Montréal, à Toronto où comme ici, à Hull, la vie dans un quartier populaire n'est jamais facile. C'est ce que Skip Moën nous rappelle dans Dure, dure ma vie !, un roman dans lequel il donne la parole à Michel, un adolescent de quatorze ans aux prises avec divers problèmes. Dans un style des plus imagés, qui fait penser au Gary/Ajar de La vie devant soi, Michel nous raconte comment il parvient à survivre dans un milieu souvent hostile où l'on ne fait pas de quartier. Livré à lui-même parce que sa mère travaille la nuit dans un bar, Michel s'élève seul, c'est-à-dire mal. Il s'adonne au trafic de cassettes pour le compte d'un voisin et après avoir fait la connaissance de Toussaint, un Haïtien chef de bande et grand admirateur de Malcom X, il prend part à des vols dans des maisons de quartiers riches. Pourtant Michel rêve d'autre chose: sortir de son milieu et fonder une famille qui ne soit pas monoparentale comme la sienne. C'est pourquoi lorsque à l'école secondaire où il est inscrit en « cheminement particulier », il fait la connaissance d'Annie-Maude, une étudiante qui fréquente l'École internationale, et en devient rapidement amoureux, sa vie prend une autre tournure; encouragé par son enseignante et bénéficiaire de leçons particulières de la mère de son amie, il fait de rapides progrès qui lui permettent d'espérer un avenir meilleur. Mais quand on vient d'un milieu où règne la misère, on semble marqué au fer rouge; Michel se rend rapidement compte que les gens qui vivent dans les quartiers huppés sont fort semblables à ceux de son propre milieu. Se laissera-t-il décourager par ce qu'il constate chez les gens de la haute? Sera-t-il condamné comme ses compagnons à retomber constamment dans les mêmes ornières? Ou parviendra-t-il à maintenir l'espoir de mener un jour une vie moins difficile? Dure, dure ma vie !, un roman pour ados qui parle d'amitié, de clivages sociaux et de racisme, soulève de graves questions et invite le lecteur à réfléchir sur une société trop souvent portée à juger sans appel ceux qu'elle appelle pudiquement « les défavorisés ». Dure, dure ma vie ! a été finaliste au Prix littéraire jeunesse Le Droit et au Prix de l'Outaouais, Café des 4 jeudis.

