Lise Gaboury-Diallo se prête au jeu des questions

Nous profitons de la parution de notre guide de lecture annuel, À vos livres, pour vous faire connaître notre auteure vedette, Lise Gaboury-Diallo. Cette dernière, en plus d’être l’auteure de neuf livres, est professeure de langue et de littérature au département de français de l’Université de Saint-Boniface. Reconnue pour ses recueils de nouvelles, de poésie et ses essais critiques, Lise Gaboury-Diallo est la première lauréate non québécoise du Prix littéraire Radio-Canada en poésie française pour son texte Homestead poèmes du coeur de l’Ouest (Éditions de la nouvelle plume, 2005). Lointaines, recueil de quinze nouvelles, a reçu le prix Rue-Deschambault en 2011 et son plus récent recueil de nouvelles, Les enfants de Tantale, lui a valu d’être finaliste au Prix des lecteurs Radio-Canada. Lise Gaboury-Diallo est bel et bien une figure importante de la littérature franco-canadienne de l’Ouest.
Quelle place occupe l’écriture dans votre vie?
L’écriture est une activité vitale pour moi, mais je ne puis y consacrer tout mon temps et toute mon énergie, parce que j’enseigne à l’Université de Saint-Boniface. Je dirais alors qu’écrire c’est un peu comme une activité parallèle, à temps partiel. J’essaie d’y consacrer quelques heures chaque semaine. Il y a des périodes où ce sont plutôt quelques heures par jour que je travaille sur des projets. À d’autres moments, c’est le travail universitaire qui prend le dessus. Cette fluctuation est parfois frustrante, mais c’est la seule façon pour moi de trouver un semblant d’équilibre qui me permette d’écrire des textes au fil des mois et de les réunir une fois que je juge que j’ai accumulé suffisamment de matériel.
Faites-vous fréquemment face au syndrome de la page blanche? Que faites-vous pour retrouver l’inspiration?
Oui, il m’arrive fréquemment de me trouver face à une impasse : manque d’inspiration, hésitation sur la façon de continuer, irritation devant mes inepties quand je trouve que ce que j’ai écrit ne vaut pas grand-chose… On met de côté ce qui ne fonctionne plus et on recommence. Il faut parfois que je laisse de côté un texte pour laisser mûrir un sujet, ou pour avoir un peu de recul par rapport à un projet quelconque. Parfois je m’impose de nouvelles règles stylistiques ou un nouveau cadre thématique, simplement pour générer une réflexion qui me permet de ‘changer le mal de place’, comme on dit. Des fois, ces petites stratégies fonctionnent, des fois pas du tout! Peu importe, cela me permet de revenir avec un nouveau regard sur le projet qui m’intéresse.
Vous êtes professeure de langue et de littérature et auteure. Quels aspects de chacun vous passionnent le plus?
J’aime partager ma passion des œuvres littéraires avec les étudiantes et étudiants. Je suis heureuse lorsque les jeunes découvrent un.e auteur.e et des textes venant d’ici ou d’ailleurs et prennent plaisir à les lire. Quant à mon travail d’auteure, c’est un métier solitaire, c’est une autre forme de plaisir, comme un rêve éveillé qui me permet de voyager autrement, dans des lieux inconnus et par des moyens autres…
Avez-vous une anecdote à nous conter au sujet de l’un de vos livres?
Le livre Poste restante : cartes poétiques du Sénégal est né suite à un voyage avec toute ma petite famille au Sénégal. On y trouve les traces de notre séjour : photos, entrées du journal de mon jeune fils, cartes et mes poèmes, rédigés quotidiennement puis retravaillés pour la publication. C’est ma fille aînée qui a fait la mise en page et la couverture de ce livre et les photos sont celles de ma deuxième fille et de mon mari. Le projet est né justement parce que le plus jeune devait tenir à jour un journal pour compenser son absence à l’école. Je l’ai accompagné dans ce processus… Et maintenant, quand je vois ce recueil, tout ce voyage merveilleux que nous avons fait ensemble me revient à l’esprit…
Y a-t-il une œuvre que vous auriez aimé écrire? Pourquoi?
Plusieurs, en fait… Chaque fois que j’ai un coup de cœur pour une œuvre, je me dis, ah, si j’avais ce talent! Ils sont trop nombreux ces œuvres que j’aurais voulu écrire, alors je préfère ne pas commencer à décliner une liste, car j’en oublierais certainement. De plus, cette liste s’allonge d’une année à l’autre, avec toutes les nouvelles publications qui viennent enrichir notre horizon littéraire.
Travaillez-vous sur un nouveau projet d’écriture?
Oui, je travaille sur quelques projets et celui qui me prend un peu de temps ces jours-ci est un recueil de poésie. Je voudrais le compléter et pouvoir passer à un autre projet très stimulant aussi, une pièce de théâtre.