«Histoire de l’Acadie – De la fondation aux déportations» d’André-Carl Vachon: Rendre l’histoire accessible

29 novembre 2018

Chaque semaine, le Regroupement vous présente
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Histoire de l’Acadie – De la fondation aux déportations d’André-Carl Vachon

Histoire de l'Acadie

Rendre l’histoire accessible

Après sa trilogie d’essais sur l’histoire acadienne qui a remporté d’importants prix, l’auteur André-Carl Vachon a désiré rendre le fruit de ses nombreuses recherches plus accessible, tant pour les étudiants que les amateurs d’histoire, pour les nouveaux arrivants que pour les francophones en contexte minoritaire. Son objectif? Que l’Histoire de l’Acadie puisse être lue d’une côte à l’autre du Canada, grâce à son nouvel ouvrage paru aux Éditions La Grande Marée.

C’est un livre qui se veut grand public : j’ai fait lire le livre à une fillette de 10 ans avant de l’envoyer au graphiste, parce que je voulais m’assurer de la compréhension, de la simplicité de la lecture, aussi, pour que même ceux qui auraient de la difficulté en lecture ou qui ne posséderaient pas tout le vocabulaire, même en tant qu’adulte, puissent le lire facilement, explique d’emblée André-Carl Vachon, qui avoue avoir ajouté quelques explications et certains mots à son glossaire qui se retrouve à la fin de l’ouvrage, à la suite de sa lecture par la jeune fille.

Le format du livre, non standard en carré, est une autre façon de le rendre moins hermétique : l’auteur utilise les marges pour présenter différentes chroniques et rubriques. Les « Savais-tu que? », c’est pour approfondir le texte courant. Parfois, je vais donner des cas précis : c’est telle personne qui a vécu telle chose, c’est telle famille qui était là, etc. Et il va y avoir des rubriques qui vont être complémentaires : je demande aux lecteurs leur point de vue, donc ça leur permet de faire un arrêt et de réfléchir à ce qu’ils viennent de lire. Je voulais vraiment que ce soit interactif, détaille l’auteur, qui a regardé ce qui se faisait tant en anglais qu’en français, dans les recherches de maîtrises et les nouvelles thèses de doctorat, notamment, afin de mettre l’histoire à jour avec les nouvelles recherches.

Divisé en trois grandes périodes déterminantes de l’histoire acadienne, ce premier de deux tomes retrace d’abord l’histoire des Micmacs. Pour moi, c’était important de mettre en contexte tout lecteur, de lui dire que c’était un territoire Micmac, de lui expliquer comment ça fonctionnait, la gouvernance, comment le territoire était divisé, et toute la question de leurs us et coutumes, aussi, qui ont été décrites par des témoins, notamment les Jésuites. Quels sont les rituels pour la naissance, le mariage, la première chasse à l’adolescence, des choses comme ça, pour qu’on puisse vraiment comprendre qui étaient ces gens-là à cette époque-là, à l’arrivée des Français.

Le deuxième chapitre débute au moment où les Français sont envoyés en Acadie, en 1604 selon tous les livres d’histoire, mais selon André-Carl Vachon, en 1603 : le roi a mandaté Pierre Dugua de Mons à l’automne 1603 d’aller fonder l’Acadie, alors le temps qu’il organise son expédition et qu’il se rende, on était arrivés au printemps 1604, où il fonde finalement l’Acadie. Mais tout ça a été commandé plus tôt. C’est la raison pour laquelle j’ai écrit 1603 : je voulais éveiller les consciences et montrer qu’ils ne sont pas juste arrivés comme ça en 1604 et qu’ils ont décidé de bâtir quelque chose. Ce chapitre se rendra à son tour jusqu’à la première capitulation formelle, en 1654, pour ensuite couvrir la période se rendant jusqu’en 1710, un autre choix d’année singulier de la part de l’auteur, pour raconter les changements de gouvernements (britannique ou français), ainsi que les nombreux bouleversements et développements de l’Acadie, jusqu’à sa capitulation finale.

Normalement, les gens vont faire la césure en 1713 avec le Traité d’Utrecht, mais quand on regarde les faits historiques, c’est vraiment à partir de la capitulation que ça a changé. Le Traité va venir confirmer le changement, mais dès le moment de la capitulation, les Britanniques vont changer le nom de la capitale; ce ne sera plus Port-Royal mais Annapolis Royal, et on va déjà mettre en place un gouvernement britannique, même si on ne sait pas encore si, au moment du Traité, l’Acadie va redevenir anglaise ou non, raconte celui qui présente aussi toutes ses annotations et les sources des informations qu’il présente, dans un souci de transparence. Si les gens veulent approfondir leur lecture, les sources sont bien indiquées, ce qui permet aussi de démontrer que l’auteur ne modifie pas l’histoire que pour la modifier : il a fait ses recherches et il les offre aux lecteurs.

C’est dans la même optique qu’il présente beaucoup d’illustrations et de cartes, pour que les gens comprennent concrètement que l’Acadie d’aujourd’hui n’est pas celle de l’époque. Je voulais vraiment m’assurer de ne pas répéter les livres d’histoire qu’on a déjà lus. Ce n’est pas de réécrire pour réécrire, c’est vraiment de mettre l’histoire au goût du jour, à partir de nouvelles recherches, et de développer davantage, tout en gardant la lecture simple, pour qu’elle soit accessible, achève-t-il d’expliquer, ajoutant qu’en traitant tant des frontières que de la population, de la création de villages, des installations du peuplement, etc., il s’assure de donner au lecteur les outils pour comprendre toutes les nuances du contexte. C’est vraiment ça le but : compréhension, accessibilité de l’histoire et faire quelque chose d’intéressant.

L’ouvrage Histoire de l’Acadie – De la fondation aux déportations d’André-Carl Vachon est publié aux Éditions La Grande Marée.