Tous les tapis roulants mènent à Rome, de Paul Bossé

Bob Barker, Bill Lee, Greta Thunberg, Mick Jagger et Jean Paul II entrent en Gaule…

6 octobre 2023
Actualité
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Tous les tapis roulants mènent à Rome, de Paul Bossé,
publié chez les Éditions Perce-Neige

 

 

Après plusieurs ouvrages de poésie, Paul Bossé publie son premier essai, Tous les tapis roulants mènent à Rome, aux Éditions Perce-Neige. Dans cette œuvre de réflexion à saveur autobiographique, Bossé résume, en recourant à l’équipage de l’Enterprise, aux irréductibles Gaulois, au pape et à plusieurs autres, l’évolution (ou plutôt la fixité) de l’être humain… En particulier, il met celle-ci en rapport avec la gestion de la crise climatique et avec la culture de surconsommation qui prédomine depuis le demi-siècle dernier. Davantage qu’un cri d’alarme écoanxieux, il s’agit plutôt du coup strident d’un sifflet rebelle.

Débutant avec un prologue poétique, le poète qu’est Paul Bossé ne tarde pas à mettre la table pour son essai portant sur la crise climatique. Il relate en sept chapitres des moments de sa vie, allant de sa naissance à ses étés d’emploi à titre de sauveteur, et jusqu’à ses cinquante ans. Il dresse ce faisant un bilan historique des manifestations, conférences et débats publics ainsi que des campagnes de désinformation, actions et inactions des gouvernements mondiaux autour de la sauvegarde de l’environnement.

Taux de CO2, degrés Celsius, acronymes d’ONG et d’instruments, données historiques et dates entre parenthèses, etc. : tous les ingrédients d’un texte scientifico-érudit s’y trouvent. Cependant, au bénéfice du lecteur, Bossé choisit souvent de s’accompagner pour la croisière du célèbre commandant en second du NCC-1701 USS Enterprise, le fameux monsieur Spock, qui ne badine pas avec la vulgarisation et n’hésite pas, même, à jouer les rabat-joie.

 

Avancer en faisant du surplace

Au sens figuré, l’expression « Tous les chemins mènent à Rome » veut dire qu’il existe de multiples façons d’atteindre un but. Avec Tous les tapis roulants mènent à Rome, Bossé démontre que depuis cinquante ans, l’humain, dans sa pénible quête en vue de résoudre les problèmes environnementaux de la Terre, avance sans progresser. Même si nos leaders ne remplissent pas leurs engagements, ils ne craignent toutefois pas de parler sans rien dire. De belles paroles sont énoncées à Stockholm en 1972, à Rio de Janeiro en 1992, en Pologne en 2018 et partout dans le monde depuis 2019, mais « il n’y en a pas une seule qui soit juridiquement contraignante ». Sans tirer la sonnette d’alarme, l’auteur démontre, avec des arguments objectifs, l’hypocrisie humaine face à une problématique d’envergure mondiale et qui ne date pas d’hier.

 

Images à la l’appui

Parsemés au fil de l’ouvrage, des dessins signés du bédéiste Paul Bordeleau viennent complémenter le récit par leur représentation iconographique des propos de l’auteur. Jamais auparavant on n’avait vu illustrés Bob Barker, Bill Lee, Greta Thunberg, Mick Jagger et Jean Paul II réunis autour d’un banquet dans un petit village gaulois, ni le traitement que réserverait à la science un certain Stephen Harper. Autre ajout intéressant, un code QR, à la fin de l’essai, renvoie à une liste d’ouvrages de référence sérieux qui viennent appuyer diverses informations citées dans l’essai mais qui ne figurent pas dans la section bibliographique. De quoi rassasier les lecteurs les plus curieux !

 

Maël Bisson
octobre 2023