«Le deuil tardif des camélias» de Daniel Leblanc-Poirier: Prendre son destin en main

9 novembre 2016
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Chaque semaine, le RECF présente

une nouveauté franco-canadienne

 

Le deuil tardif des camélias de Daniel Leblanc-Poirier

 

Le deuil tardif des camélias

Prendre son destin en main

 

Parfois, la réalité dépasse la fiction, et l’auteur d’origine néo-brunswickoise Daniel Leblanc-Poirier a bien su saisir une telle occasion pour extrapoler et se demander jusqu’où certaines histoires peuvent aller. Son nouveau roman, Le deuil tardif des camélias, paru dans la collection Vertiges des Éditions L’Interligne le 9 novembre, est basé sur une histoire vécue par un ami, mais devient, sous sa plume, un portrait global de toute une génération.

Le roman n’est pas de l’autofiction, c’est complètement fictif, mais je pars d’une prémisse de base qui est arrivée à un de mes amis, et c’est tellement savoureux comme histoire que j’ai décidé de bâtir l’assise de mon roman là-dessus, révèle le principal intéressé, l’écrivain Daniel Leblanc-Poirier. On retrouve donc dans Le deuil tardif des camélias Laurent, un jeune homme qui tente de fuir Florence, une ancienne petite amie contrôlante qui ne veut pas le laisser aller et qui continue de se rendre partout où il va. En déménageant de Gatineau à Montréal et en commençant un tout nouveau programme à l’UQÀM, il croyait bien s’en sortir, mais voilà qu’au tout premier jour de classe, il aperçoit Florence dans son cours et n’en croit pas ses yeux.

Surréelle, cette histoire pourrait presque sembler inquiétante, mais il n’en est rien. Ce n’est pas un thriller. Dans le fond c’est un roman d’amour qui tourne au vinaigre. La fille en question dans le roman est un peu psychopathe, mais ça reste toujours dans un élan de poésie et de bonne humeur. Les personnages demeurent des gens lumineux malgré tout, défend l’auteur, qui soutient que ses personnages masculins essaient simplement d’empêcher cette fille de brimer leur existence et de les empêcher de vivre leur jeunesse.

Car au fond, le roman, raconté du point de vue d’Étienne, le colocataire de Laurent et narrateur de l’histoire, s’intéresse de façon plus globale à cette jeune génération qui ne veut pas être déviée de son objectif de prendre sa vie en main, de s’émanciper et d’être elle-même. C’est un roman sur l’émancipation, sur l’autonomie et sur la liberté. J’aimerais que les gens retiennent de mon livre la révolte; une révolte contre l’emprise qu’ont les gens les uns sur les autres.

Cette jeune génération décrite par Daniel Leblanc-Poirier, elle est aussi dépeinte comme étant détachée, mais en même temps dans une urgence de trouver une solution, un idéal pour améliorer la condition humaine telle qu’elle l’est, et qu’ils n’acceptent pas. Pour représenter les milléniaux, l’auteur s’est grandement inspiré du bouddhisme frénétique imaginé par Jack Kerouac et sa beat generation, c’est-à-dire l’idée d’atteindre le bien-être, le détachement et le nirvana, mais dans l’action plutôt que dans le non-agir.

Ce roman-là, à mon avis, donne la parole à ces jeunes-là, d’une façon métaphorique, peut-être, d’une façon un peu indirecte, mais je réussis à expliquer un peu le désœuvrement et les limites de cette génération-là, dont on pense souvent qu’ils ne croient plus à rien. En lisant le roman, on peut réaliser qu’ils croient encore à plusieurs choses. Véritable explication de la génération Y, le roman pourrait donc plaire, selon l’auteur, aux parents de ces jeunes-là, dans le sens qu’il donne un aperçu de l’intérieur de cette génération-là.

Le roman Le deuil tardif des camélias est paru le 9 novembre 2016 dans la collection Vertiges des Éditions L’Interligne.

Alice Côté Dupuis
9 novembre 2016

La prochaine nouveauté de la semaine : la bande dessinée 7 Générations (volume 2) de Scott B. Henderson et David Alexander Robertson paru aux Éditions des Plaines