«L’Averti – La naissance d’une dynastie» de Vanessa Léger: Article de fond sur la réussite

12 juillet 2018

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L’Averti – La naissance d’une dynastie de Vanessa Léger 

Article de fond sur la réussite

Elle a écrit plus de 600 pages pour le premier tome, intitulé La naissance d’une dynastie, mais voilà que l’auteure acadienne Vanessa Léger est déjà en train de plancher sur un second et même un troisième volet à sa saga familiale riche et originale L’Averti, publiée aux Éditions La Grande Marée. Désireuse de transmettre un sentiment de fierté envers nos ancêtres, l’écrivaine a elle-même puisé son inspiration dans sa famille d’entrepreneurs et de femmes fortes pour créer la base de cette histoire gravitant autour d’un journal dont sont propriétaires les membres de la famille Roussel.

L’Averti, c’est le nom du journal fictif fondé par Auguste Roussel au 19e siècle, mais attention : Ce n’est pas un livre uniquement sur un journal, nous avertit Vanessa Léger, son auteure. Moi je pense que ce que j’ai écrit, c’est une saga profondément humaine. L’Averti, c’est d’abord et avant tout une histoire de famille. Une famille acadienne qui est fière, déterminée et qui a la certitude qu’elle est destinée à de grandes choses. Inspiré de l’expression « Un homme averti en vaut deux », le nom du journal a beau être aussi celui de la trilogie de romans, c’est néanmoins les traces de cette famille que l’on y suit, à travers le temps et les trois tomes.

Dans le premier tome, c’est en 1870 que nous découvrons d’abord la famille Roussel, qui évoluera au fil des quelque 600 pages jusqu’au début de la Deuxième Guerre mondiale. On y couvre une longue période de l’histoire, mais le récit débute avec le décès du patriarche, Auguste Roussel, puis son fils Édouard, qui doit prendre la relève du journal un peu contre son gré. Lui est journaliste, il va écrire des articles, ensuite son fils va prendre la relève et lui, je dois dire que c’est une femme qui le pousse beaucoup. Une femme qui n’est pas une Roussel, mais qui est quand même une cousine, et elle va vraiment mettre de l’avant la responsabilité sociale du journal.

Là est tout l’intérêt d’utiliser un journal comme fil conducteur à son roman : le journal est polyvalent, puisque tout le monde gravite autour de lui, mais aussi parce qu’il permet de lancer des messages ou de prendre position, tout en permettant de connaître la nature profonde des rédacteurs et de ceux qui lisent ses articles, en raison de leurs réactions. Dans mes études en communications, on a tellement insisté sur le fait que les médias doivent être objectifs et faire preuve d’impartialité, alors que dans ce cas-ci, ce n’est vraiment pas ça. La plupart du temps, ils prennent position sur les enjeux de société qui les touchent. Maintenant, c’est sûr que ça ne fait pas toujours l’affaire de tout le monde, et c’est de là qu’il y a de la discorde qui va naître.

C’est d’ailleurs une particularité intéressante du roman de Vanessa Léger : les lecteurs peuvent suivre l’évolution des personnages à travers les différents bouleversements sociaux qui font la une du journal L’Averti, parce que le journal ici ne fait pas seulement que rapporter l’information, il prend souvent position, de façon claire, et c’est là que la véritable nature de mes personnages est mise à nue, dans tous ses éclats, bons et mauvais, raconte l’auteure. Mais évidemment, le contexte historique en lui-même joue pour beaucoup dans l’histoire, et c’est lui qui fera en sorte qu’on abordera la question de la place de la femme en société et qu’on accordera un important passage à la lutte pour le droit de vote des femmes.

La place de la femme dans L’Averti est effectivement bien marquée : inspirée des membres de sa famille et de générations précédentes qui comptaient des femmes qui s’affirment – sans être nécessairement avant-gardistes, je pense quand même que c’étaient des femmes exceptionnelles, comme les femmes dans mon roman! –, l’auteure a décidé de mettre la gent féminine à l’honneur en créant des personnages féminins d’une grande force et qui ne reculent devant rien.

Bien sûr, le roman compte aussi beaucoup d’hommes, à commencer par Auguste et Édouard Roussel, qui mènent les premiers à bout de bras cette entreprise familiale aux débuts modestes, mais aux grandes ambitions. Dès le premier tome, on suit l’évolution de la famille, et on voit déjà les rêves de grandeur de chaque personnage. Ce n’est pas facile, il y a quand même du travail à faire de leur part, puis ils vont avoir du succès, mais il va y avoir sa part de déception et de malheurs, aussi, parce que le destin, on le sait, il reprend parfois autant qu’il donne, analyse l’écrivaine.

Dans leur ville fictive de Montpellier, au Nouveau-Brunswick, ces personnages d’entrepreneurs et de travailleurs de l’information créés par Vanessa Léger portent un patronyme – Roussel – qui n’est pas anodin, puisqu’il est un nom de famille acadien assez connu. Ce choix éclairé était une façon, pour l’auteure, de rendre hommage à tous nos ancêtres bâtisseurs acadiens. Parce que finalement, c’est une histoire de réussite, ce que j’ai écrit. C’est une histoire qui se veut inspirante, de persévérance et d’accomplissement.

La naissance d’une dynastie, le premier tome de la saga L’Averti de Vanessa Léger est publié aux Éditions La Grande Marée.

Alice Côté Dupuis
20 juin 2018