Coups de cœur de l’équipe :

Trois suggestions de lecture d’Hugo Thivierge

30 juillet 2021
Actualité
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Hugo Thivierge,
directeur adjoint,
vous présente ses coups de cœur de l’année

En cette période estivale, l’équipe du Regroupement des éditeurs franco-canadiens vous présente sa sélection de livres coup de cœur. Au cours des prochaines semaines, chacun des membres partagera ses suggestions de lecture. Cette semaine, Hugo Thivierge, directeur adjoint, vous propose trois œuvres littéraires qui l’ont marqué cette année.

Métamorphoses de Charles-Étienne Ferland (Éditions L’Interligne, 2020)

Après avoir été conquis par le roman de science-fiction Dévorés, où des guêpes géantes s’en prennent aux humains, provoquant la fin du monde tel que nous le connaissons, Hugo s’est précipité dans la lecture du second tome de la série du même auteur, Métamorphoses.

Dans cette suite, les survivants s’organisent en petites communautés et ne sont pas au bout de leurs peines. Les lecteurs retrouvent le personnage de Jack, un an plus tard, qui continue sa route pour aller rejoindre sa famille à Main Duck Island. Son chemin sera parsemé d’embûches qui risqueront de le mener à sa perte. Surtout qu’en plus des guêpes géantes, voilà qu’une nouvelle créature encore plus sanguinaire fera son apparition…

Contrairement à Dévorés, où l’apocalypse se produisait en direct, Métamorphoses présente l’après et les transformations qui l’accompagnent – d’où le titre. Il a vraiment lancé quelque chose de plus longue haleine, tout en gardant son style. On a ici la voix d’un bon romancier. Si tu as eu la piqûre pour le premier livre, tu devrais encore plus aimer celui-ci, où l’on entre dans un cycle ayant le potentiel de se déployer à long terme. Ferland a su développer ses personnages avec davantage de profondeur et créer des intrigues parallèles à la trame narrative principale.

De plus, comme le note Hugo, l’auteur a réussi à introduire l’aspect « zombie » d’une manière renouvelée et inédite. La majorité des personnages du roman ne sont pas des zombies, comme c’était le cas dans les classiques du genre tels que World War Z, Walking Dead ou encore Je suis une légende. Ici, quelques victimes à peine se métamorphosent en bêtes sanguinaires. Charles-Étienne joue avec les codes du genre à un point tel que parfois, j’avais l’impression d’être dans Walking Dead tandis qu’à d’autres moments, je m’imaginais être dans Mad Max. Bref, le directeur adjoint du REFC vous recommande ce livre si vous êtes fan du genre post-apocalyptique… avec ou sans zombies.

Le rôdeur de nuit de Drew Hayden Taylor (Éditions David, 2020)

Le second roman que vous recommande Hugo Thivierge s’intitule Le rôdeur de nuit, un roman gothique autochtone. Écrite par Drew Hayden Taylor et traduite en français par Eva Lavergne, cette œuvre raconte l’histoire de Tiffany, une jeune Anishinaabe perturbée par ses difficultés scolaires et par le départ de sa mère avec un homme blanc. L’adolescente cherche à prendre en main son existence dans la réserve de Lac-aux-Loutres, au centre de l’Ontario. Son quotidien déjà difficile sera chamboulé d’encore un cran par l’arrivée de Pierre L’Errant, un chambreur hébergé par son père.

Même si c’est son premier roman pour adolescents, on reconnaît bien la plume de Drew Hayden Taylor et la manière qu’il a de créer des personnages authentiques. L’auteur a su mettre en scène avec brio la vie d’adolescents de notre époque. C’est très bien rendu, ce n’est pas forcé.

Hugo a aimé ce roman pour son côté mystérieux très caractéristique des histoires de vampire. L’auteur a une habileté à créer des atmosphères et à préserver le mystère autour du personnage du vampire assez longtemps pour nous garder en haleine. J’ai trouvé qu’il y avait cette même aura de mystère que l’on retrouve dans le Dracula de Bram Stoker. Drew Hayden Taylor a pris cet aspect des romans de vampire pour l’accoler à la culture autochtone et aux questions existentielles qui habitent les adolescents. On ressent la détresse de Tiffany, qui ne connaît pas sa culture mais qui cherche le moyen de se reconnecter à celle-ci. Ça met en lumière, dans un roman de genre, la culture autochtone. C’est un auteur dont les œuvres méritent d’être traduites dans la langue de Molière.

Africville de Shauntay Grant (Éditions Bouton d’or Acadie, 2020)

Africville, traduit ici par Josephine Watson, raconte l’histoire d’une jeune fille venue rendre hommage à ses ancêtres sur le lieu historique d’Africville, à Halifax. Ayant vécu et s’étant développée en marge de la société durant cent cinquante ans sans accès aux services essentiels comme l’eau potable, la communauté noire d’Africville est un symbole de la lutte contre le racisme. L’autrice Shauntay Grant et l’illustratrice Eva Campbell ont réussi à rendre hommage à ce quartier habité par la communauté noire d’Halifax, qui a prospéré contre vents et marées malgré l’absence de presque tout. À la fin, grâce à une postface, on en apprend davantage sur ce qu’est Africville. C’est un magnifique album jeunesse, que l’on pourrait qualifier d’apolitique. Une beauté aux plans textuel et graphique. Les enfants adoreront ce livre très coloré, où aucun espace n’est laissé vide et où les mots sont une incitation à la contemplation. Le texte invite l’enfant à entrer dans l’image pour en apprécier les moindres détails. C’est un livre jeunesse qui se révèle être un devoir de mémoire.