« La tourmente du pêcheur » de Murielle Duguay : Surmonter la culpabilité

8 septembre 2020

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La tourmente du pêcheur de Murielle Duguay :
Surmonter la culpabilité

 

La tourmente du pêcheurLes histoires de pêche occupent une place assez importante dans la vie des communautés côtières. Ces histoires sont parfois heureuses, mais dans bien des cas, elles relatent des événements tragiques. Murielle Duguay a justement décidé de donner vie à l’une d’entre elles avec La tourmente du pêcheur, son nouveau roman publié aux Éditions La Grande Marée.

Ce livre raconte l’histoire de Charles, un jeune pêcheur de l’île de Lamèque, au Nouveau-Brunswick, qui lors d’une sortie en mer est témoin d’un événement dont il se sent responsable. Rongé par la culpabilité et la mélancolie, il s’isole du monde au grand dam de son amoureuse, la belle Cécile. Réussira-t-elle à le reconquérir et à éveiller de la joie dans cette âme tourmentée? Et lui, de son côté, vaincra-t-il ses moments de tristesse pour vivre des instants de bonheur? Qu’advient-il de leur liberté de choisir, d’agir? Le destin a-t-il à lui seul ce pouvoir? Pour le savoir, il vous faudra vous plonger dans l’univers de Murielle Duguay. Un univers, comme le mentionne l’autrice, à tendance historique, où les mots et les phrases portent dans leur sonorité et leur rythme le désespoir et l’espoir.

Histoires de pêche

Issue de cette même communauté de pêcheurs de l’île de Lamèque, Murielle Duguay s’est inspirée des maintes histoires de pêche entendues depuis son enfance. Toute sa vie, elle a côtoyé la mer, cette mer qui donne, mais qui prend aussi. Dans ma famille, il y a eu un drame de pêche, ce qui nourrit un peu le roman, explique l’autrice. Pas le drame familial en tant que tel, mais cette influence, cette atmosphère de pêcheur décédé en mer.

Les drames liés à la pêche ne sont pas la seule source d’inspiration pour Duguay : les tragédies liées à la vie insulaire le sont aussi. L’autrice est bien au fait que la mer l’a privée de son grand-père paternel bien avant sa naissance. C’était en 1928 – j’étais loin d’être née –, mon grand-père devait se rendre sur [le continent], mais l’hiver, il n’y a pas de traversier. Pour traverser, il devait rouler sur la glace et en traversant, ils sont passé à travers la glace. Il était en voiture avec sa fille, le mari de sa fille et deux voisins. Quand on les a sortis, ils étaient morts et gelés. Charles, le prénom du personnage principal, était le nom d’un de ses grands-pères qu’elle n’a pas eu la chance de connaître : une façon de lui rendre hommage.

La mer occupe une grande place dans la vie de l’autrice. C’est encore face à la mer qu’un ami lui a annoncé être atteint d’un cancer. Au début, c’était un jeune homme en vacances par chez nous. Je lui ai offert de faire le tour de l’île en bateau pour se rendre à Cap-Bateau. Et à cet endroit, il y avait un rocher percé, à l’époque. Quand j’ai fait le tour de l’île avec cet homme-là – on parle de quand j’avais quarante ans à peu près –, à un moment donné, on discutait, et il m’a dit « j’ai un cancer ».

À la lecture de cette œuvre, on constate rapidement que la culpabilité occupe une place importante dans ce roman. Les thèmes sont tricotés autour du sentiment de culpabilité, il y a de la révolte à travers ça, de la colère, des hésitations. Charles est habité par ce sentiment et se sent attaqué dès que les gens le questionnent sur les événements du premier chapitre. Néanmoins, le thème de l’amour y a aussi sa place. Cécile va rejoindre son homme tourmenté pour tenter de lui redonner sa joie de vivre et d’ainsi retrouver l’homme qu’elle aime. À travers ces thématiques, La tourmente du pêcheur nous donne une leçon que l’on oublie souvent : peu importe les événements que l’on vit, [toute] expérience nous apprend à vivre. Il faut toujours garder espoir!

Le roman La tourmente du pêcheur de Murielle Duguay est paru aux Éditions La Grande Marée.

   Julien Charette
9 septembre 2020