La petite fille qui voulait vivre dans les livres de Michèle Rechtman-Smolkin :

La littérature en guise de refuge

9 mars 2022
Actualité
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La petite fille qui voulait vivre dans les livres
de Michèle Rechtman-Smolkin :
la littérature en guise de refuge

 

Au cœur du Vancouver des années 1960 vit, en compagnie de son frère Raphaël, une petite fille nommée Nadia. Après un événement dramatique que tenteront de leur cacher les adultes, les deux enfants seront confrontés à une nouvelle réalité moins heureuse, à laquelle ils devront s’adapter. Pour y échapper, Nadia trouvera refuge dans la littérature, qui lui servira de guide. C’est son histoire que recèle La petite fille qui voulait vivre dans les livres de Michèle Rechtman-Smolkin, publié aux Éditions du Pacifique Nord-Ouest.

Avec ce premier livre jeunesse, l’autrice se penche sur les thématiques du deuil et de la mort, deux sujets assez difficiles à aborder avec les enfants. Je trouve que dans [les sociétés occidentales], nous parlons rarement de ces choses, surtout en compagnie des enfants, remarque Rechtman-Smolkin. Avec eux, nous tentons souvent d’éviter ces sujets parce qu’on a peur que ça leur fasse trop de peine.

Le livre accorde une place toute particulière à la méchanceté : aborder cette thématique avait pour objectif de montrer aux jeunes qu’il existe des personnes tout simplement méchantes. J’ai voulu […] présenter comment [il est possible de] réagir à ça et comment s’en prémunir, ou en tout cas se construire malgré cela.


Discuter du deuil avec les enfants

L’autrice a écrit ce livre pour permettre l’ouverture d’un dialogue sur la mort avec les enfants. Ce sont des discussions qui sont difficiles à avoir avec les enfants. On n’ose pas, mais en même temps, on sait que ce serait bien de le faire. En effet, l’idée se défend qu’il vaut mieux avoir cette discussion plus tôt que tard, surtout si un décès vient de se produire dans l’entourage de l’enfant. Si on garde trop longtemps le silence autour de ça, ça devient un sujet tabou – ce qui entraîne beaucoup d’autres traumatismes. La lecture du livre de Rechtman-Smolkin, à ce titre, peut constituer une étape préparatoire à une discussion sur ce sujet avec les enfants.


Des dessins tout en couleurs et en simplicité

Les lecteurs et lectrices découvriront au fil du récit les illustrations d’Élise Laroche, une amie de l’autrice. Les dessins sont d’une étonnante simplicité, mais ne vous y trompez pas : elles rendent pleinement justice à l’œuvre. J’aime beaucoup son style, qui est très simple, un peu enfantin, justement, mais très sincère et frais. L’illustratrice a réussi à rendre l’atmosphère et la luminosité si caractéristiques de la ville de Vancouver et de la Colombie-Britannique en général. Le caractère enfantin, lui, ajoute à l’impression que le récit – bien que rédigé à la troisième personne – est bel et bien raconté par sa protagoniste, la petite Nadia.


La résilience « dans » les livres

Le récit montre deux gamins très résilients malgré le drame qui les frappe et la nouvelle vie qui leur sera imposée. Une résilience qui sera alimentée par la littérature, dans le cas de Nadia : c’est en plongeant son nez dans les livres qu’elle fuira son quotidien parfois trop lourd. D’où le titre donné au roman. À travers les livres, rappelle l’autrice, on peut toujours trouver une échappatoire face à l’adversité. On est sauvé, finalement, par la culture. L’art, ça vous donne une façon d’accepter la réalité, ou en tout cas de pouvoir la vivre sans sombrer.

Michèle Rechtman-Smolkin souhaite par le biais de cette œuvre enseigner aux enfants à remarquer et à apprécier les petites choses de la vie. Même quand les conditions de vie sont difficiles, quand on est petit, il y a des façons de s’en sortir et de trouver du bonheur dans d’autres choses, dans des petites choses, d’apprécier tout ce qui nous entoure, d’observer. De tout cœur, elle espère que ces jeunes lecteurs et lectrices acquerront un goût pour la lecture, puisque c’est un amour qu’ils et elles chériront tout au long de leur vie.

 

Le roman jeunesse La petite fille qui voulait vivre dans les livres de Michèle Rechtman-Smolkin est paru aux Éditions du Pacifique Nord-Ouest, aux formats papier et numérique.

Julien Charette