« La neige des cocotiers » de Derek Mascarenhas, traduit par Paul Ruban :

Un petit morceau d’Inde en sol canadien

6 Décembre 2021
Actualité
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La neige des cocotiers
de Derek Mascarenhas, traduit par Paul Ruban :
Un petit morceau d’Inde en sol canadien

 

Félix et Clara ont quitté leur Inde natale pour venir s’établir en banlieue de Toronto. Avec le récit La neige des cocotiers de Derek Mascarenhas, traduit par Paul Ruban et publié aux Éditions L’Interligne, nous suivons le destin de leurs enfants, Aiden et Ally Pinto, qui découvrent la réalité d’immigrants de première génération nés au Canada.

Grâce au travail de Paul Ruban, les lecteurs francophones ont la chance d’aborder cette œuvre écrite sous la forme de vignettes. On y découvre, à travers les dix-sept nouvelles qui composent le livre, des moments de la vie des Pinto. C’est un récit qui oscille entre la région de Goa, en Inde, et celle d’une banlieue torontoise, explique le traducteur. Les lectrices et lecteurs verront Félix, le père d’Aiden et Ally, alors qu’il habitait toujours sa région natale en Inde, puis suivront la génération suivante alors qu’elle grandit en banlieue de la capitale ontarienne, bien loin des cocotiers.

Une langue qui fluctue

Tout au long du récit, le niveau de langue de certains personnages évolue alors que ceux-ci passent de l’enfance à l’âge adulte. Paul Ruban a travaillé fort pour que cette évolution soit bien perceptible dans la version française autant que dans Coconut Dreams, l’œuvre originale. J’ai vraiment essayé de varier le parler des personnages selon leur âge, leur éducation ou le contexte. J’apprécie quand un auteur ou un traducteur rend hétérogène la langue de manière à ce qu’elle ne soit pas « plate », et qu’il y ait une différence entre le texte de la narration et celui des dialogues.

Une attention particulière a été portée à l’expression orale des enfants, une exigence formulée par l’auteur. Derek [Mascarenhas] voulait que le parler naturel des enfants ressorte dans les dialogues. Il m’a fait parvenir par courriel un tableau Excel avec les différents parlers et l’évolution des jeunes Aiden et Ally sur une période de vingt ans, période sur laquelle s’[étale] l’histoire.

Une traduction coup de cœur

La traduction d’un texte peut parfois en altérer l’essence, mais ce n’est pas le cas ici. Paul Ruban a réussi à reproduire la touche poétique de Mascarenhas, avec qui il a eu de nombreux échanges à cet effet. C’était un peu maladif, mon affaire : dès que j’avais le moindre doute, je lui envoyais un courriel pour être certain de bien comprendre chaque nuance culturelle. On était en contact étroit et constant, même si, pandémie oblige, nous n’avons pu nous rencontrer en personne qu’une fois le travail presque terminé.

Le projet de traduire ce récit dans la langue de Molière vient du coup de cœur que Ruban et son éditrice, Mishka Lavigne, ont eu pour cet auteur torontois de descendance indienne. Nous nous sommes dit que ça serait un bon premier titre pour la nouvelle collection de traduction des Éditions L’Interligne.

Cette circonstance heureuse permettra au lectorat francophone de s’offrir cette œuvre poignante. Il n’y a pas beaucoup d’œuvres écrites par des auteurs anglophones d’origine indo-canadienne qui ont été traduites en français. Avec ce livre, nous voulions permettre à un lectorat francophone de découvrir l’Inde et la réalité de ces enfants canadiens de première génération issus de la communauté indienne.

Une écriture qui ne laisse personne indifférent

Paul Ruban raconte comment l’œuvre originale a su le charmer dès les premières pages : C’est la plume très fine, très sensible de Derek qui m’a accroché. Ce regard qu’il porte sur la double identité, à travers cette histoire de famille étalée sur plusieurs générations. Cette façon qu’il a de raconter et de se soucier des détails. Il réussit à mettre le doigt sur des micro-moments de l’enfance auxquels nous pouvons tous nous identifier.

C’est une histoire colorée, pleine d’une poésie qui ne laisse personne indifférent. C’est une célébration, une ode à la famille, résume le traducteur. Un récit très « canadien » sur l’histoire d’une famille de nouveaux arrivants qui viennent commencer une nouvelle vie, ici, comme beaucoup de familles l’ont fait depuis la création de notre pays. La neige des cocotiers trouvera donc sans doute écho chez des lectrices et lecteurs nombreux, comme cela a été le cas pour sa version originale anglaise.

Le récit La neige des cocotiers de Derek Mascarenhas, une traduction française de Paul Ruban, est paru aux Éditions L’Interligne aux formats papier et numérique.

Julien Charette
6 décembre 2021

Visionnez la rencontre croisée entre Derek Mascarenhas et Paul Ruban

Une capsule vidéo réalisée par les Éditions L’Interligne.