« Joëlle » de Suzan Payne : Un tueur si proche

30 octobre 2019

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Joëlle de Suzan Payne

Un tueur si proche

Joelle

Après avoir présenté le crime dans le premier tome, Annabelle, et avoir donné davantage d’indices sur la personne ayant commis ce crime dans le second, Valérie, l’autrice Suzan Payne boucle la boucle avec Joëlle, le dernier titre de sa trilogie publiée aux Éditions Perce-Neige. Dans cet ultime épisode de la trilogie policière intitulée Pour toi mon amour, pour toujours, le lecteur apprendra non seulement qui est le meurtrier, mais aussi quel est son lien avec les trois femmes que l’on suit depuis le début de l’enquête.

Dès les premières pages d’Annabelle, on apprend que celle-ci est victime d’un crime. Parmi l’équipe qui enquêtera sur l’affaire se trouve Joëlle, une enquêteuse assez douée, qui avait assez vite une idée préconçue de qui était le suspect – même si elle ne savait pas qui il était exactement, elle avait une bonne idée de sa personnalité. Mais son collègue et partenaire, Jérôme, avait quelqu’un d’autre en tête, et tout le monde a soutenu la thèse de Jérôme, parce que c’était lui l’enquêteur expérimenté. Joëlle n’a pas beaucoup insisté et n’est jamais allée plus loin, elle n’a jamais fait sa propre enquête, raconte Suzan Payne, l’autrice, qui décrit son personnage de Joëlle comme étant plutôt effacée, introvertie et secrète sur sa vie familiale.

Dans le premier tome, les lecteurs ont donc appris à connaître Annabelle, et un peu Valérie, aussi, mais Joëlle se fait plutôt effacée. C’est donc dans ce troisième tome qu’elle prend son envol, et les gens vont en apprendre beaucoup sur qui elle est, pourquoi elle est comme elle est, d’où elle vient, et pourquoi elle a fait certains choix qui, de temps en temps, peuvent paraître un peu difficiles à comprendre pour des gens de l’extérieur, explique l’autrice. Même si Suzan Payne indique que les tomes 2 et 3, Valérie et Joëlle, pourraient être lus seuls, puisqu’elle y insère quelques retours en arrière et explications pour mettre les choses en contexte, elle insiste néanmoins sur l’importance de lire les trois tomes dans l’ordre, afin de profiter de l’effet total de sa conclusion et de percevoir toutes les références et les indices bouclés en fin de parcours.

Boucler la boucle

Reprenant l’enquête seulement deux ou trois heures après la fin du deuxième tome, Joëlle agit comme un dernier droit, où toutes les intrigues doivent se boucler. Joëlle se déroule seulement sur 24 heures. Il n’y a pas de chapitres, ce sont seulement de petites scènes de 2-3 pages, qui commencent toujours avec l’heure. Donc le premier, Annabelle, s’étendait sur à peu près 18 mois, le deuxième, Valérie, durait 30 jours, et dans le troisième, Joëlle, on a 24 heures pour en mettre plein la vue, précise Suzan Payne. Car c’est sans équivoque : il n’y aura pas de quatrième tome, la série est complète ainsi, il faut donc s’assurer que tous les mystères soient résolus.

Et pour boucler la boucle, Suzan Payne insiste sur l’importance de revenir sur les destinées de chacun des personnages rencontrés au fil de sa trilogie. Évidemment, il faut encore parler un petit peu d’Annabelle et de Valérie, parce qu’elles font partie intégrante de cette histoire-là, mais le tome 3 s’appelle Joëlle, alors c’est Joëlle qui va prendre beaucoup de place. Mais on parle aussi du méchant, parce qu’il faut expliquer pourquoi il fait ce qu’il fait, justifie celle qui croit qu’il est nécessaire d’expliquer aux lecteurs pourquoi le méchant est méchant.

Pour s’assurer de ne pas perdre le fil des indices semés ici et là dans les trois tomes et de bien répondre à toutes les questions que les lecteurs pourraient se poser sur ses personnages – et sur l’attitude de son méchant –, Suzan Payne travaille avec des fiches qu’elle crée sur le logiciel Excel, pour chacun de ses personnages. Ces fiches me rappellent quel âge les personnages ont, quand est leur anniversaire de naissance; des choses banales, peut-être, mais qui me servent, plus tard, pour ficeler l’intrigue, et aussi pour donner une personnalité aux personnages, pour les rendre crédibles et attachants. Même le méchant doit être attachant, sinon le lecteur ne va pas y croire, analyse celle qui a voulu traiter des thèmes de la famille et du mensonge dans sa trilogie.

Il est difficile d’en dire davantage sur les liens qui unissent le meurtrier aux trois femmes sans gâcher l’intrigue de Joëlle, mais soulignons que l’enquêteuse est un personnage qui vit beaucoup de déni. Malgré plusieurs indices semés un peu partout – il ne faut pas s’emballer trop vite, car le narrateur s’amuse à mener le lecteur sur de fausses pistes –, c’est à la toute fin que le lecteur apprendra la réponse, en même temps que les personnages, et il est difficile de le voir venir…ou peut-être que non, après tout? Il y a des gens, dans notre vie, qu’on croise très souvent, mais qu’on ne connaît pas. Et ça, c’est un élément important dans cette trilogie-là, conclut Suzan Payne, nous laissant en suspens tout comme dans ses livres.

Joëlle, le troisième tome de la trilogie Pour toi mon amour, pour toujours, de Suzan Payne, est publié aux Éditions Perce-Neige.

Alice Côté Dupuis
30 octobre 2019