« Jack est scrap » de Denis Lord : les ratés de nos amours

26 novembre 2020

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Jack est scrap de Denis Lord :
Les ratés de nos amours

 

Jack est scrapEn peine d’amour, Jack fuit aux Territoires du Nord-Ouest, mais ses démons continuent à le harceler. Il accumule de nouveau les échecs amoureux jusque dans une communauté dénée où il étudie les impacts de la fonte du pergélisol. Coincé entre sa peine et sa difficile sobriété, Jack observe, écoute. La guérison l’attend peut-être auprès des pochards cosmiques, des fugitifs et des illuminés qui partagent, sur ce bout de planète au carrefour de toutes les déraisons, les bribes d’une sagesse durement acquise. C’est ce que raconte Jack est scrap, le tout premier roman de Denis Lord, publié aux Éditions Prise de parole.

L’écriture de ce roman a débuté après qu’un lecteur du blogue de Denis Lord lui ait lancé l’idée. J’écrivais des fragments de ma vie sur un blogue qui s’appelle Le Canton subarctique et quelqu’un m’a suggéré de faire un roman avec ça. Nous sommes toutefois loin d’une autofiction ou d’un récit personnel avec le roman Jack est scrap. Comme le dit l’auteur, il peut y avoir quelques fragments et anecdotes tirés de ma propre vie, mais le reste c’est de la fiction. Il y a aussi des personnages qui sont des collages de plusieurs personnes que j’ai rencontrées ou côtoyées dans ma vie. 

Faire face à ses démons

Dans Jack est scrap, l’exploration des thématiques de l’alcoolisme et du chagrin amoureux sont au cœur de l’intrigue. Le personnage de Jack, un ancien alcoolique ayant réussi à s’extraire de sa dépendance, doit maintenant apprendre à maîtriser ses tentations. Le roman met en scène des personnes qui ont arrêté de boire, mais qui doivent maintenant faire face à leurs démons. Ce sont des gens qui ont appris à se supporter les uns les autres à travers leur souffrance respective, qu’elle soit d’ordre moral ou physique. Ils essaient d’oublier leur propre douleur en écoutant celle des autres et en arrêtant de voir la vie à travers le filtre de leur blessure.

Le chagrin d’amour demeure quelque chose d’assez mystérieux et même illogique pour l’auteur Denis Lord. Il a toujours éprouvé une certaine fascination pour cette peine qu’il perçoit de manière abstraite. Il y a un côté fictif aux peines d’amour. Dans le sens où, pourquoi es-tu triste quand tu sais que tu peux rencontrer quelqu’un d’autre ? Pour moi, ça a quelque chose d’abstrait et d’illusoire, même si je sais que beaucoup de gens en souffrent. L’auteur a ainsi cherché à voir si la douleur d’une peine d’amour peut être comparable à d’autres formes de souffrances. Une des idées avec ce livre, c’était de comparer la peine d’amour avec celle des gens qui vivent une douleur physique ou morale, qui ont des deuils tangibles.

Liberté de langage

Au premier abord, ce roman peut sembler cru, car dans le processus de création, Denis Lord s’est accordé une grande liberté dans le langage. Il avoue : si j’avais voulu être plus provocateur, j’en aurais rajouté une couche. Il y a un peu de joual, là-dedans. J’avais envie de m’amuser avec la langue, d’aller dans un langage plus recherché. Ce sont les mots d’un personnage en quête d’un peu de chaleur humaine et de réconfort ailleurs que dans une bouteille. L’amertume d’un homme ayant échoué à trouver l’amour de sa vie ou tout simplement la personne avec qui vieillir. Les conquêtes amoureuses s’enchaînent au rythme des peines d’amour qui s’accumulent de plus en plus.

Ce qui était important pour moi c’était d’avoir la liberté dans mon écriture. Une liberté que son éditeur lui a donnée et dont Denis Lord est très reconnaissant d’avoir pu profiter, et ce, malgré les sujets sensibles abordés dans ce roman. Ils ont été courageux ! Ce n’est pas pour rien que la maison d’édition se nomme Prise de parole !

Le roman Jack est scrap écrit par Denis Lord est publié aux Éditions Prise de parole aux formats papier et numérique.  

Julien Charette
26 novembre 2020