Choix de l’équipe : 4 livres à lire selon Carolan Morin

19 juillet 2019

Photo Carolan_site

Carolan Morin,
responsable des communications du Regroupement,
vous présente ses coups de cœur

L’heure des vacances a sonné, vous trouvez que c’est un bon moment dans l’année pour accorder davantage de temps à la lecture, mais vous ne savez pas vers quel livre vous tourner? Qu’à cela ne tienne : l’équipe du Regroupement des éditeurs franco-canadiens a des suggestions pour vous! Cette semaine, c’est au tour de Carolan Morin, responsable des communications, de dévoiler quatre de ses coups de cœur de la littérature franco-canadienne.

Depuis toujours, j’entendais la mer, d’Andrée Christensen (Éditions David, 2007)

depuistoujoursjentendaislamerpocheL’écriture d’Andrée Christensen est déstabilisante, mais diablement envoûtante. Son œuvre en général, un véritable raz-de-marée poétique, selon Carolan Morin, a cette douce qualité de bercer le lecteur dans des flots mystérieux. Mais notre responsable des communications apprécie particulièrement le roman Depuis toujours, j’entendais la mer, un véritable hymne à la vie, mais aussi une initiation à la mort.

On y suit le sombre et mystérieux Thorvald Sørensen, un archéologue danois qui a connu une enfance insolite aux côtés de parents adoptifs dont la mère, aveugle de naissance, l’a initié à la beauté de la musique et le père, embaumeur et artiste, a consacré sa vie à perpétuer la mémoire des morts. Après une surprenante initiation à l’amour, il rencontrera une femme sans nom à qui il se liera profondément, jusqu’à sa propre mort; une mort belle et longuement mûrie. Qualifié de « roman-tombeau » par Carolan Morin, ce titre qui met aussi de l’avant la puissance de la mer marie la métaphysique et la mythologie, et s’enveloppe d’une beauté énigmatique, spirituelle.


 

D’ici, d’Éric Cormier (Éditions Perce-Neige, 2014)

D'iciD’ici est un recueil de poésie nourrit par l’amour de deux figures universelles : le « je » et le « tu », c’est-à-dire l’être aimant et l’être aimé. Ancré dans la ville, truffé d’images bouleversantes et présenté avec des mots d’une puissante efficacité, ce recueil est non seulement d’une terrible beauté, mais aussi d’une forme singulière et saisissante. C’est que dépourvu des marques de genre, le texte touche par ses images percutantes et son langage limpide, selon Carolan Morin, pour qui la lecture de ce recueil a été imprégnée d’une beauté brute et d’une force poétique émouvante.

Pour vous donner un aperçu de sa beauté et vous donner envie de poursuivre la lecture, notre responsable des communications a sélectionné quelques citations tirées du recueil D’ici:

Dans ta bouche
je veux me noyer
chaque bouée que j’agrippe
me donne le goût de couler
en toi

 

Je te porterai jusqu’aux frontières de ta folie

 

Sous l’écho de l’horloge qui roule dans l’huile de nos paroles
à la hauteur de l’amour qui ne veut pas s’éteindre
jusqu’à crier nos nuits à tout défaire
par les fenêtres
qui semblent se fermer

le cœur bat
jusqu’à se battre lui-même

 


 

Poupée de rouille, de David Ménard (Éditions L’Interligne, 2018)

Poupée de rouille
Au gré de l’imagination du poète David Ménard, c’est la « véritable » histoire de Marie-Josephte Corriveau, dite « la Corriveau », cette sorcière mythique du folklore canadien, qui est retracée dans la poésie narrée de Poupée de rouille. Alors qu’elle attend la mort après avoir été trouvée coupable de l’assassinat de son second mari, l’auteur donne une voix à Marie-Josephte Corriveau afin qu’elle se remémore et raconte à sa façon les événements qui l’ont menée à sa perte, notamment sa rencontre avec ce dernier, Louis-Étienne Dodier, et les circonstances nébuleuses de son décès.

Nous nous sommes sans doute trouvés pour redessiner le ciel//pour rencontrer le noir dans sa nuit/ toi, blessé aux plumes froides et morcelées//moi, nid morcelé, aux quatre vents, brindilles à réchauffer

Bien plus que de raconter l’histoire, ce recueil offre à cette femme méconnue la chance de s’exprimer – chance qu’elle n’a pas réellement eue lors de son procès – et de raconter sa propre histoire. Ce livre nous fait donc entrer dans la tête du personnage, ce que Carolan Morin considère particulièrement intéressant et réussi : Avec sa plume habile qui emprunte à la fois à la poésie et au conte, David Ménard explore les tréfonds psychologiques de cette femme brûlante de passion et d’humanité, cette laissée-pour-compte de l’Histoire.


 

Ils sont…, de Michel Thériault, illustré par Magali Ben (Éditions Bouton d’or Acadie, 2017)

Ils sont...
Cet album, qu’on a peine à qualifier de « jeunesse » tant sa beauté peut ébahir tout un chacun, possède un texte tout en simplicité, et livre en douceur un message pourtant puissant : l’amour est pour tous. C’est en très peu de mots et à l’aide de magnifiques illustrations que l’histoire embrasse l’amitié de jeunes garçons qui vieillissent ensemble et deviennent un couple.

Cet album célèbre l’amour, tout simplement, et il est ainsi parfait pour briser les tabous, la marginalisation, l’isolement et la haine, selon Carolan Morin, notre responsable des communications. Ce livre est un véritable baume sur le cœur!

Par Alice Côté Dupuis
19 juillet 2019