Choix de l’équipe : 3 livres à lire selon Hugo Thivierge

23 juin 2020

Hugo ThiviergeHugo Thivierge,
agent de développement du Regroupement,
vous présente ses coups de cœur.

Pour vous accompagner dans la saison estivale, l’équipe du Regroupement des éditeurs franco-canadiens vous propose des suggestions de lecture. Cette semaine, Hugo Thivierge, notre agent de développement, s’est livré à l’exercice et vous présente ses trois coups de cœur littéraires.

 

Alerte à Richibouctou de Roland Daigle (Éditions Bouton d’or Acadie, 2019)

Alerte à RichibouctouCette première bande dessinée illustrée et écrite par Roland Daigle nous plonge dans le Nouveau-Brunswick de la Seconde Guerre mondiale. Dans cette BD haletante, nous assistons à une course contre la montre pour stopper un officier allemand évadé tentant de rallier ses copains nazis en possession de renseignements d’importance capitale. Hugo Thivierge a été particulièrement séduit par le découpage et la mise en case de Roland Daigle. Grand connaisseur de la bande dessinée, il a été agréablement surpris avec Alerte à Richibouctou, trouvant notamment d’une grande maîtrise les illustrations des machines et des véhicules. Pour lui, cette œuvre est une réussite du point de vue à la fois de la narration, de l’intrigue et du rythme.

Cette BD allie un côté historique à un côté ludique, ce qui plaît d’emblée à Hugo Thivierge. On y en apprend davantage sur la réalité « loin du front » en temps de guerre, mais surtout sur la présence de camps de prisonniers en sol canadien et sur la menace de sous-marins allemands sur nos côtes en 1943 : des aspects de notre histoire que l’on a tendance à ignorer. Une bande dessinée qui a sa place dans les écoles, quoi! Hugo conseille aux jeunes de la lire, mais aussi aux enseignants de l’inclure dans leur liste de lecture.


 

On n’sait jamais à quoi s’attendre d’Hélène Koscielniak (Les Éditions L’Interligne, 2017)

On n'sait jamais à quoi s'attendreUn recueil de nouvelles qui s’invite dans l’intimité du foyer en présentant des scènes du quotidien souvent banales en apparence. Hugo aime bien la manière qu’a Hélène Koscielniak de construire ses personnages et de les rendre attachants. Avec facilité, elle rend des scènes de la vie de tous les jours captivantes. C’est ce qui rend le travail d’Hélène si exceptionnel et digne de mention, aux yeux de notre agent de développement. On n’sait jamais à quoi s’attendre propose une variété de styles en passant par des nouvelles plus conventionnelles avec une chute à la fin, et d’autres plus atypiques. Hugo a été charmé par ces variations de style, de même que par le fait que certaines nouvelles flirtent avec le conte.

Si vous deviez lire ce recueil pour une seule raison, ce serait, de l’avis d’Hugo, pour ses dialogues écrits dans un langage parlé. Hugo Thivierge lève son chapeau à l’autrice de l’avoir fait. Les échanges entre les personnages sont en tarois, l’équivalent ontarien du joual québécois et du chiac acadien. L’utilisation du tarois rend les personnages plus attachants et plus vrais, une particularité qui a renforcé l’appréciation d’Hugo pour cette œuvre. Il juge ce recueil de nouvelles à la hauteur du talent d’Hélène Koscielniak.


 

Sans pitié de David Groulx, traduit par Éric Charlebois (Éditions David, 2017)

Sans pitiéSans pitié, un recueil de poésie poignant sur la réalité des Autochtones au Canada, signé David Groulx. Ce poète autochtone issu du peuple ojibwé nous plonge dans sa poésie à la fois crue, ironique et virile. Il ne passe pas par quatre chemins pour dénoncer le racisme subi par les Autochtones. Même si Sans pitié dénonce la discrimination et les injustices dont sont victimes les Autochtones au pays, il tend la main aux Blancs. C’est ce qui en fait la force : c’est brut, c’est cru, mais sans accabler le lecteur.

Ce « vlan dans les dents! » a beaucoup plu à Hugo Thivierge, pour qui un tel recueil a une portée universelle, au-delà de la réalité autochtone. Notre agent de développement aime comment Éric Charlebois, traducteur de l’œuvre, a su préserver le ton prosaïque et le mordant de la poésie de David Groulx. On y perçoit cette espèce d’incompréhension entre la mentalité des Blancs et la culture autochtone. Hugo Thivierge recommande fortement cette œuvre poétique aux thèmes universels. Comme on dit en bon français, c’est un must à mettre sur sa liste de lecture pour la saison estivale.

Julien Charette
24 juin 2020