«Acadissima» de Jean-Louis Grosmaire :

l’Acadie par-dessus tout!

19 mai 2021
Actualité
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Acadissima
de Jean-Louis Grosmaire :
l’Acadie par-dessus tout!

 

Au cœur d’un village acadien de bord de mer, Jean-Baptiste Beausoleil et Angelaine Kirouac s’aiment éperdument; nous sommes à l’époque de la Première Guerre mondiale. Lui vient de perdre sa mère, tandis qu’elle tente de s’affranchir de la sienne. Poussé par la conscription, Jean-Baptiste doit partir au front. Comme bien des garçons de son âge, il devra affronter les conditions difficiles de la vie de soldat. Acadissima, de Jean-Louis Grosmaire, est paru aux Presses de l’Université d’Ottawa. Grosmaire y raconte cette histoire d’amour entre deux jeunes gens de l’Acadie séparés par la distance et portés par la promesse de se retrouver.

L’auteur et géographe a ainsi construit un récit d’amour entre deux jeunes Acadiens, et l’a campé dans un contexte historique bien précis : celui de la Grande Guerre de 1914-1918. Ce sont deux histoires imbriquées l’une dans l’autre, explique-t-il. Un peu comme tout le monde, on vit une période, mais en même temps, on vit sa propre vie. Il a cherché à représenter la guerre dans une perspective plus humaine que documentaire. Je ne voulais pas simplement raconter le déplacement. Ce qui m’intéressait, c’était montrer la sensibilité d’un jeune projeté à dix-sept, dix-huit ans dans un univers complètement différent, à des milliers de kilomètres de son village, qu’il n’a jamais quitté auparavant. Tous ces jeunes qui sont partis, beaucoup d’entre eux sont allés au front et n’en sont jamais revenus. Ils sont morts dans l’horreur des tranchées.

Acadissima mêle la fiction et l’Histoire avec un grand « H ». L’auteur voulait donner à son récit un cadre réaliste. J’ai beaucoup consulté l’historien Claude Léger, qui a [abondamment] écrit sur le régiment acadien [régiment au sein duquel s’enrôle le personnage de Jean-Baptiste]. Donc, j’avais un cadre historique et des balises bien précises à l’intérieur desquelles je pouvais naviguer en tant que romancier. Des documents d’archive, tels que des journaux d’époque, ont également été mis à profit. Si vous consultez de vieux journaux, c’est fabuleux, vous avez tout, en passant de la météo aux faits divers!

Pour se souvenir et honorer

L’idée d’écrire ce roman est venue à Grosmaire lors d’une randonnée avec des amis au cœur de la forêt de la Joux, dans la région de Franche-Comté, en France. Quand je suis arrivé devant ce monument commémoratif que je ne connaissais pas, je me suis demandé ce qu’avaient bien pu faire des soldats canadiens dans une forêt franc-comtoise, et pourquoi ils étaient morts à cet endroit. Je me suis dit que leur sacrifice mérite d’être connu de tous. Partant de cette volonté de rendre hommage aux soldats du Corps des Forestiers canadiens, l’auteur relate comment des jeunes formés pour aller se battre au front auront plutôt été envoyés couper des arbres en France et au Royaume-Uni, sans y avoir été préparés.

Pour le titre, Grosmaire a emprunté le suffixe latinisant –issima, utilisé en présence de quelque chose de plus grand que nature. J’aimerais rendre à l’Acadie un hommage, pour qu’elle soit valorisée, [de même que les] soldats acadiens. C’est une révérence, c’est-à-dire que je salue du même souffle la Franche-Comté. Donc, avec Acadissima, l’auteur voulait redonner ses lettres de noblesse à deux populations qui ont beaucoup souffert au cours de leur histoire.

Acadissima de Jean-Louis Grosmaire est paru aux Presses de l’Université d’Ottawa (PUO).

Julien Charrette
19 mai 2021