«L’ère de l’Expansion» de Mathieu Muir: Imaginer demain pour réfléchir à aujourd’hui

30 janvier 2019

Le Regroupement vous présente 
une nouveauté franco-canadienne

L’ère de l’Expansion de Mathieu Muir

L’ère de l’Expansion

Imaginer demain pour réfléchir à aujourd’hui

Où s’en va la planète Terre? Avec ses enjeux environnementaux, sociaux et politiques, ses changements climatiques et sa surpopulation, est-il même possible de l’imaginer en 2208? C’est le défi que s’est lancé l’auteur Mathieu Muir en écrivant L’ère de l’Expansion, son tout premier roman, qui nous projette dans l’avenir en tenant compte des questions démographiques et environnementales actuelles. Publié dans la collection 14/18 des Éditions David, le roman de science-fiction vise à rendre la lecture agréable tout en réfléchissant, et s’intéresse aux avancées technologiques possibles : et si on pouvait se téléporter?

Nous sommes en 2208 au début du roman, mais déjà, en 2175, un traité a été signé, nous raconte Marc Haentjens, directeur général des Éditions David. Le traité de Tokyo a divisé la terre en quatre pôles, qui correspondent en gros aux quatre grands continents, mais qui ont des noms plus poétiques : l’Asie est le Soleil d’Orient, le continent américain est l’Étoile d’Amérique, il y a l’Union transeuropéenne, et puis l’Alliance du sud, qui représente le continent africain. Ce traité a été décrété pour que chacun des pôles gère ses propres problèmes de population et d’environnement, résume-t-il pour contextualiser le roman. Ce traité visait une fermeture des frontières afin d’éviter l’immigration, ce qui désavantage nettement le Soleil d’Orient, qui est pris avec un problème de surpopulation bien plus important que les autres pôles.

Pourtant, Mathieu Muir a commencé à écrire ce roman bien avant qu’on parle sérieusement d’un mur entre les États-Unis et le Mexique! L’histoire a néanmoins été imaginée en suivant les courbes et les tendances actuelles : le pôle asiatique, par exemple, est déjà présentement le plus peuplé et va probablement être le premier à être saturé en nombre de personnes, donc ce sont eux qui ont le moins de possibilités de trouver d’autres endroits où loger leur monde. C’est un peu ce qui a poussé ce peuple-là, dans mon roman, à essayer de regarder ailleurs, vers les étoiles. C’est le premier pôle qui a mis des sommes un peu plus substantielles dans la recherche au niveau de l’exploitation de l’espace, raconte l’auteur. Cette expansion de l’humain par la colonisation de l’espace, c’est de ça dont il est question lorsqu’on parle de L’ère de l’Expansion.

Dans ce roman, on n’essaie pas de régler les problèmes environnementaux; on est rendus un petit peu trop tard, et on essaie de s’en sortir, prévient Mathieu Muir, aussi consultant au niveau des gaz à effet de serre et changements climatiques pour une boîte d’ingénieurs, en plus d’enseigner des cours d’environnement à l’Université de Sherbrooke. L’auteur est donc bien placé pour réfléchir à ces questions de surpopulation et d’enjeux climatiques, mais il ne se fait pas moralisateur en tombant dans le roman catastrophe où plus rien ne va. C’est bel et bien futuriste, mais il préfère demeurer dans une science-fiction réaliste, dans laquelle on peut reconnaître la situation ou les personnalités des gens, donc des histoires crédibles dans lesquelles on vient changer une petite affaire qui vient changer les paradigmes, raconte-t-il.

Sa « petite affaire » qui vient tout changer, à lui, c’est la technologie permettant la téléportation. On va comprendre que le Soleil d’Orient travaille depuis très longtemps sur la technologie de la téléportation, et qu’elle est maintenant au point, ajoute Marc Haentjens, l’éditeur. C’est sûr que le Soleil d’Orient est extrêmement peuplé, ils ont vraiment un problème démographique énorme, mais en même temps, ils ont des ressources scientifiques très évoluées. Ce qui apparaît clair, aussi, c’est que les autres pôles ont abandonné la course technologique; ils ne sont plus capables, ils n’ont pas les moyens d’arriver à découvrir cette technologie. Ainsi, bien que cette Terre projetée dans l’avenir soit dorénavant exempte de religions et de guerres, une certaine forme de compétition existe néanmoins entre les pôles dans la façon dont chacun réussira à gérer ses problèmes, et finalement pour obtenir cette précieuse technologie.

Être capable d’envoyer des gens à des kilomètres de distance, comment c’est possible, je t’avoue que je ne sais pas, mais on accepte cette idée quand même. Pour le reste, je crois que oui, c’est tout à fait vraisemblable. Et il y a des trucs très amusants aussi, des inventions qui prolongent un peu ce qu’on vit aujourd’hui, ajoute l’éditeur, qui apprécie par ailleurs que l’histoire ne soit pas linéaire en nous menant de 2208 à 2338 année après année, mais bien en présentant cinq épisodes marquants ayant eu lieu durant cette période de temps. Chaque épisode est différent, je trouve qu’il utilise des procédés narratifs très inventifs et qui font en sorte que c’est extrêmement plaisant à lire. Il y a énormément d’invention, c’est très dynamique, et on tourne les pages avec un très grand plaisir, conclut Marc Haentjens.

Mathieu Muir espère réellement accrocher les jeunes lecteurs avec son histoire, qu’il a voulue aussi intéressante au niveau du contenu que de la forme. Les cinq grands chapitres sont finalement cinq histoires différentes, mais qui viennent se relier dans une même trame narrative. Elles sont à cinq époques différentes et sont écrites quand même relativement différemment : il y en a une qui est une enquête policière alors qu’une autre est une course. Ce sont des ambiances différentes, donc ça permet de rejoindre différents types de personnes et de goûts, croit l’auteur. S’il utilise le futur pour nous faire réfléchir sur l’état actuel de la planète, celui-ci souhaite surtout qu’on retienne que si on veut s’en sortir ensemble, il faut penser tout de suite à ce qu’on impose aux autres peuples, si on ne veut pas subir des conséquences reliées à ça. Paix et amour!

Le roman L’ère de l’Expansion est publié dans la collection pour adolescents 14/18 des Éditions David.

Alice Côté Dupuis
30 janvier 2019