« Récits autochtones » de Marc Scott: Aller à la rencontre de l’autre

20 décembre 2017

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Récits autochtones de Marc Scott

Aller à la rencontre de l’autre

Après avoir parcouru le Canada à la rencontre des peuples des Premières Nations, de métisses et d’Innus une première fois pour Légendes autochtones, Marc Scott a eu envie de pousser la recherche plus loin, afin de mettre en lumière davantage encore de récits légendaires et de particularités autochtones. Partageant dans Récits autochtones, nouveau livre paru aux Éditions du Chardon bleu, tant des histoires que des informations factuelles et descriptives sur les mœurs et modes de vie des différents peuples rencontrés, l’auteur souhaite nous faire connaître davantage ces communautés pour ce qu’elles sont véritablement, à partir d’elles-mêmes.

Sa propre grand-mère étant une innue montagnaise à 100 %, Marc Scott a appris à un jeune âge à connaître une bonne partie de ce qu’étaient les Premières Nations. Quand j’ai écrit le premier livre, mon objectif était de rendre hommage à ma grand-mère; mais une fois parti, une fois que tu parcours des kilomètres et des kilomètres, et que tu rencontres des groupes ici et là, à un moment donné, tu commences à prendre goût à ça. Quand j’ai soumis mon deuxième projet au Conseil des arts du Canada, je leur ai dit que j’aimerais ça aller plus loin et ne pas juste parler de légendes, explique Marc Scott, auteur mais aussi fondateur des Éditions du Chardon bleu. Et pousser le projet plus loin, pour lui, ça voulait dire de se permettre à l’occasion de sortir des contes, des histoires légendaires, pour s’intéresser davantage aux peuples en tant que tel, en offrant la description de mœurs, de façons de vivre des Autochtones.

J’ai fait à peu près la même démarche que j’avais fait pour le premier livre, c’est-à-dire que je suis allé à la rencontre de peuples des Premières Nations, de métisses et d’Innus. J’ai traversé le pays encore une fois, et je suis revenu avec d’autres contes, d’autres histoires légendaires, d’autres récits, mais aussi avec des particularités de différentes tribus et aussi de différents clans : leur façon de voir les choses, des recettes, etc., raconte le grand voyageur curieux et passionné de son sujet. Ainsi, sur la cinquantaine de nouveaux textes publiés dans Récits autochtones, il y a peut-être encore une trentaine d’histoires et contes, mais le reste présente plutôt des faits réels et instructifs.

Marc Scott nous raconte donc les différences en termes d’habitation entre les peuples sédentaires et les peuples nomades, l’origine des caucus, la raison pour laquelle le hibou a de grands yeux, l’histoire légendaire d’Ogopogo, en Colombie-Britannique, ou du géant de pierres, l’importance du chiffre quatre, l’origine de l’arc et des constellations dans le ciel, ou encore la signification de l’inukshuk et comment les inuits ont commencé à utiliser l’inukshuk et que maintenant c’est plutôt un art décoratif, par exemple. Décidément, l’auteur ne manque pas de sujets, et il raconte toujours le tout dans la version qu’il a reçue de chaque peuple.

Aussi, je m’arrête sur des nations, par exemple les Haïdas; je décris qui ils sont, où ils demeurent, et je fais la même chose avec les peuples de l’Est, avec les inuks. Donc il y a quand même certaines notions qui sont rapportées, qui sont tout simplement des faits, ajoute celui qui considère primordial de découvrir les Premières Nations de chez nous, puisqu’il y a relativement peu de livres en français qui traitent des Autochtones au Canada. Si la plupart des livres qu’on retrouve – même au Musée canadien de l’histoire à Gatineau – sont des livres sur les Autochtones des États-Unis, comme les Navajo ou les Cheyenne, les autres ouvrages en langue française sont souvent des traductions de l’anglais.

Selon Marc Scott, les Blancs ont eu tendance à oublier que les Premières Nations étaient sur leur territoire depuis longtemps avant eux, parce que la tradition orale des Autochtones a laissé peu de textes pour prouver quoi que ce soit, laissant une impression que rien ne s’était passé avant. Mais ce n’est pas parce que ça n’a pas été écrit que ça n’a pas existé. Les gens avaient tendance à se dire qu’ils n’avaient pas d’histoire, eux. Mais c’est faux. Alors c’est un peu ça mon objectif : montrer aux gens qu’il y a une histoire et que ces gens-là, ça fait longtemps qu’ils sont ici. Mais sans jugement, parce que le livre est d’abord et avant tout un livre de découverte, mais un livre de divertissement, aussi. Un livre pour connaître, mais aussi un livre pour se faire raconter des histoires.

C’est donc en découvrant ces récits qui montrent une façon différente de voir la vie, un côté plus spirituel, où la nature et la terre sont beaucoup plus importantes que les possessions, que Marc Scott croit que les gens pourraient se laisser inspirer à vivre différemment, loin des préjugés et des idées préconçues envers ces peuples. Aller au-delà des revendications de territoires, des histoires de blocus de routes, de suicide et d’alcoolisme ou de mauvais traitements dans les pensionnats, et se donner la peine de voir aussi les bons côtés de leur réalité, voilà l’objectif de l’auteur. Connaître les croyances, les modes de vie, je pense que ça rapproche : plus on connaît les gens, moins on en a peur, et moins on a tendance à avoir des jugements par rapport à eux.

Le livre Récits autochtones de Marc Scott est publié aux Éditions du Chardon bleu.

Alice Côté Dupuis
20 décembre 2017